Le bureau d’études estime avoir réuni suffisamment d’éléments pour dresser le schéma directeur d’assainissement et constituer le dossier d’enquête publique. Il ne manque plus que l’arbitrage du conseil. Mais ...
Pour les concepteurs du projet, il s’agit avant tout de satisfaire aux obligations légales générales. Le fait que le coût des travaux les rende inacceptables par la population est secondaire. De toutes façons "...vous pourrez toujours modifier plus tard... ....vous n’êtes même pas obligés de réaliser ce qui est projeté..."
Pour les élus, dans un réel souci que les rejets, toujours plus canalisés pour le bien être de chacun, ne deviennent pas une nuisance environnementale, il faut aboutir à un projet réaliste. Il ne s’agit donc pas seulement de payer des plans juste pour pouvoir dire qu’ils existent. Il ne s’agit pas non plus que leur réalisation contraigne les usagers à se saigner aux quatre veines!
Toujours plus:
L’étude comparative complémentaire qui avait été demandée concernant les deux filières de traitement (lagunage ou lit de roseaux) est arrivée. Pour un investissement comparable sur la station, elle met en évidence le coût de fonctionnement (doublé) et l’efficacité supérieure (performances dites Q4 correspondant à environ 90% d’épuration) de la rhizosphère sur le lagunage. Mais aucun de ces deux critères n’est encore décisif car:
- le coût d’exploitation supérieur lié à l’utilisation de pompes pour alimenter la rhizosphère est peut-être évitable. Seule la levée très précise des niveaux qui est maintenant demandée, permettra de savoir si une alimentation gravitaire naturelle est possible malgré la faible pente du terrain.
- les performances moyennes (dites Q3 correspondant à environ 60% d’épuration) d’un lagunage fonctionnant de manière optimum peuvent suffire à satisfaire aux exigences légales. Si ce niveau de qualité ne peut être obtenu qu’en recourant à un coûteux réseau de collecte séparatif neuf, il annule l’avantage supposé d’un coût d’exploitation inférieur.
- On nous focalise sur des choix de dispositifs coûteux alors que les mesures les plus simples pour optimiser le fonctionnement de l’une ou l’autre des installations -et donc notre investissement- ont été "oubliées".
Exemple: Traitées par un lagunage qui, même s’il marche à la perfection n’atteindra peut-être pas 60% d’efficacité, les eaux rejetées directement dans le ruisseau par un tuyau (c’est ce qui est prévu), provoqueront au point de rejet une pollution de la rivière paradoxalement plus sensible que dans la situation actuelle.
Solutions proposées: améliorer l’efficacité du traitement
- Remplacer la lagune par une rhyzosphère et/ou...
- Construire un dispositif de collecte strictement séparatif puis contraindre tous les particuliers à s’y raccorder en dérivant leurs eaux claires et en court-circuitant leurs fosses septiques.
Tout cela coûterait très cher et il resterait malgré tout, encore pas mal de caca dans l’eau au point de rejet!
Pourtant indépendamment du dispositif de traitement retenu, un paramètre déterminant pour s’approcher des 90 à 100% d’efficacité, ne coûte presque rien et c’est peut-être la raison pour laquelle il n’est pas mentionné dans l’étude; c’est le choix du mode de rejet des eaux après traitement. Particulièrement adapté aux petits volumes des petites collectivités, le rejet dans un fossé (ça ne coûte presque rien) ou directement sur le terrain quand c’est possible (ça ne coûte pas cher non plus) permet à la nature en quelques dizaines (au pire quelques centaines) de mètres, de terminer le travail de la station et de rendre au ruisseau une eau dont l’efficacité du traitement est proche de 100%... sans être obligé ni de tout casser chez tout le monde, ni forcément de choisir la filière la plus chère.
Très cher et pourtant incomplet.
Les travaux prévus dans le schéma proposé aujourd’hui (02/11/2005) coûtent très cher et ne permettent même pas de raccorder tout le monde. En passant l’eau à 7,5 € le m3 (chiffres annoncés à la réunion sachant qu’elle est à moins de 40 centimes actuellement), certains habitants (ceux du Chemin Neuf par exemple) resteraient en assainissement individuel car la sectorisation isole ces maisons.
La logique qui ne nous donne à choisir qu’entre des solutions plus onéreuses les unes que les autres, nous détourne de ce qui constitue nos objectifs; permettre à chacun de se débarrasser proprement de ses effluents au moindre coût.
Voici formulée la synthèse des propositions concrètes et aisément réalisables qui ont été suggérées pour répondre aux besoins exprimés:
- Dimensionner la station de traitement, en tenant compte de l’arrivée de quelques eaux parasites et porter l’attention qui convient au dispositif de rejet.
- Créer un seul collecteur le long du ruisseau jusqu’au Pont Charal pour permettre le raccordement de tout le monde.
- Raccorder progressivement à ce collecteur, le réseau de collecte unitaire existant, en essayant toutefois de séparer les eaux claires quand ça ne pose pas de difficulté.
- Utiliser les fonds propres de la commune pour ne pas faire supporter l’investissement par les usagers (au moins en ce qui concerne le surcoût occasionné par la longueur du collecteur).
- Lancer les travaux sans tarder et bénéficier, pendant que c’est encore possible, de subventions qui pourraient atteindre 75% (chiffre annoncé au cours de la réunion).
- Etablir un schéma de ce scénario en le faisant rentrer dans le cadre légal!