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Vous êtes sur le Blog du Pascal, un autochtone, élu au conseil municipal.
Commune : Belverne
code postal : 70400
superficie : 615 ha
nombre d'habitants : 133
Coordonnées de la mairie :
9, rue du Temple
mairie.belverne@orange.fr
03 84 27 33 39
Horaires du secrétariat de Mairie
Mercredi
de 16 h à 17h
Samedi de 10 h à 11h30
Le village, d'après une photo de Bernard Tournier.
C'est ici, dans ces collines, dans ces champs, dans ces chemins et ces forêts, que s'est construit mon imaginaire. Tous ces rêves bleus et ocres, qui m'ont emmené au bout du monde.
Belverne est un des villages de la grande forêt des Vosges
Il y a toujours de beaux Aulnes, le long du ruisseau où enfant nous pêchions truites et écrevisses.
Belverne est mon héritage, celui de mes enfants, celui de leurs rires qui courent dans les champs, qui grimpent aux grands sapins ou dansent autour des feux de camps...
Mes grands parents l'avaient voulu ainsi.
Merci mes anciens pour ce trésor.
C’est la rentrée ; depuis 130 ans, l'enseignement primaire public est gratuit (1881), et l’instruction obligatoire (1882) mais il n’en a pas toujours été ainsi…
Où allaient tous ces enfants ?
Mélancholia
Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
(…)
Victor Hugo.
Lorsque Victor Hugo rédige ce poème dans Les Contemplations en 1838, la journée de travail dure de 12 à 14 heures pour les enfants de 5 à 7 ans, de 14 à 16 heures pour ceux de 8 à 11 ans et de plus de 16 heures pour les autres. L’opinion publique (élus, industriels, mais aussi ouvriers) n’est pourtant pas unanime pour dénoncer ces abus. Ce combat mettra près de cinquante ans pour commencer à produire ses effets. Une première loi de 1841 resta inappliquée, une seconde fut votée en 1874, sans plus de résultats. Quel mystère se cache derrière cette inertie?
Le Docteur Villermé (économiste et démographe 1782-1863) témoigne qu’à cette époque, «Un ouvrier célibataire peut vivre convenablement, une ouvrière subsister, un couple d'ouvriers se débrouiller tant qu'il n'a pas d'enfants. Mais si, comme c'est presque toujours le cas, il a deux enfants en bas âge à sa charge, le couple tombe dans la misère et a recours à la charité publique. (...) Dès qu'un enfant est capable de fournir quelque travail, l'infime rémunération qu'il rapportera à la maison contribuera à soulager les finances familiales. D'année en année, cette somme croît. Vers dix ans, un enfant gagne à peu près ce qu'il coûte.»
Ce revenu d'appoint est une nécessité pour les familles et l’on verra des mères se battre contre des inspecteurs pour envoyer leurs enfants au boulot. Pour le patronat qui les tient dans la misère, les travailleurs dominés par un économisme immédiat constituent paradoxalement, un allié de poids (*).
Le mouvement ouvrier embryonnaire ne permet pas encore de lutter contre l’exploitation qui se répand avec l’industrialisation. Sans force sociale organisée pour imposer des revendications, pas de conquêtes.
C’est finalement à partir de 1882 que l’obligation scolaire, instaurée par les lois Ferry pour des raisons discutables (préparer la revanche contre la Prusse et freiner la progression des idées socialistes que celui-ci a eu l'occasion de combattre lors de la Commune de Paris), entraînera de façon collatérale, une réduction significative du travail des enfants.
Dans le monde, selon les derniers chiffres publiés par l’UNICEF (Fonds des Nations unies pour l’enfance) ou l’Organisation Internationale du travail (OIT), plus de 250 millions d’enfants de moins de 14 ans sont aujourd’hui au travail, dont un quart (60 millions) sont âgés de 5 à 11 ans. Certes, aujourd’hui ce sont essentiellement les pays pauvres (ou en développement) qui sont touchés, mais dans l’Europe libérale, ce fléau se répand à nouveau au Portugal, en Grèce, en Italie... En Grande-Bretagne, une étude retentissante réalisée en 1998 par la "Low Pay Unit" (une association britannique indépendante) faisait état de 2 millions de jeunes âgés de moins de 16 ans (500 000 avaient même moins de 13 ans) en situation de travail dans le pays.
(*) La situation est-elle fondamentalement différente pour tous ceux qui, de nos jours, perdent leur vie à la gagner ; font des heures supplémentaires, travaillent le dimanche, laissent détruire leurs protections (retraites, Sécu, services publics…) ?
Prochaine réunion du conseil:
Le 2012
à 19h.